ALINE CAMPANA

Aline Campana dessine en volume avec du fil de fer. 

 

« Les courbes et les formes crées avec un trait ou un fil m’ont toujours attirées par le peu qu’elles sont et par le beaucoup qu’elles laissent à imaginer. Convoquer la rêverie est un plaisir important pour moi. Alors j’essaie, avec mes œuvres, de vous entraîner dans un laisser-aller vers un endroit un peu magique où la rencontre est peut-être possible entre ma sensibilité et la vôtre.  

 

Je cherche à transcrire à ma manière une certaine émotivité intérieure. Pas forcément facile à décrire, car justement, je n’ai pas les mots pour l’exprimer. 

Après divers essais de matériaux, je suis tombée en amour avec le fil de fer ; dessiner en volume avec un matériau basique me ravit. Je vous propose de vous plonger dans mes œuvres où j’essaie que l’apparente simplicité des lignes métalliques vous convoque vers un ressenti, sensible, palpant la bouffée des profondeurs de l’intime qui sort sans crier gare, sans être bien contrôlable mais pourtant bien présente.

 

Dans mon enfance, je jouais à me raconter des histoires avec mes cheveux longs collés aux parois de ma baignoire, j’adorais la petite série comique « la linea » à la télévision et j’ai toujours été fascinée par ce moment du soir, le crépuscule, où toutes les couleurs disparaissent pour ne faire qu’un jeu de noir et de lumière et où toutes les profondeurs sont modifiées mais aussi tous les détails des dentelles des feuilles d’arbres sont explicites de beauté.

 

Avec mes sculptures en fil de fer noir, je suis en quête perpétuelle d’un mélange de ces états adorés où la rêverie d’histoires intimes côtoie la beauté et l’humour.

 

Minimalistes, les fils de métal forment des volutes qui s’étirent, se gonflent et se courbent dans une continuité, comme une émotion qui surgit et se développe. J’utilise parfois un seul fil, parfois plusieurs. Je cherche les courbes les plus simples pour ne pas endommager le regard et qu’il puisse glisser sur la ligne.

J’explore aussi à entrelacer la simplicité noire du fil de fer avec des ajouts en résonnance comme des fils d’autres couleurs (laiton, coton, polyester…) ou des sculptures d’autres matières (céramique, plâtre…) ou de la couleur apportée par de la peinture. Je cherche à obtenir de ces éléments qu’ils créent des contrastes ou des prolongements en provoquant non seulement une oscillation visuelle mais aussi en enrichissant l’émotion de manière pulsatile.

 

Je tente aussi à ce que le spectateur, selon la position du son regard vers la sculpture, soit emmené vers une surprise de la révélation de l’unité. Ainsi, s’il bouge autour de la sculpture,  celle-ci peut être soit facilement lisible, soit intrigante ou complètement désordonnée. Cet étonnement renvoie à la complexité de nos facettes intérieures qui ne sont compréhensibles à autrui que si nous nous mettons dans un certain angle ; et nous devons parfois bouger nos repères et nous déplacer afin de comprendre cette position de l’âme inconnue.

 

Enfin, puisque mes sculptures de fils sont en volume - cerise sur le gâteau - l’éclairage de celles-ci ajoute toujours un effet d’écho sensible, qui selon l’angle, entraîne une réverbération identique, décalée ou déformée et qui s’apparente, selon moi, à un effet harmonique comme en musique et contribue à enrichir l’effet émotif de départ. »

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