Valérie Fanchini

La confrontation avec la matière et par là, avec le réel, est un élément fondateur de mon plaisir de sculpteur. Faire voir et toucher, pour amener à faire ressentir complexité et ambivalence des choses, tout en respectant la liberté du « regardeur » car l’art – pour moi - est bien une interaction à trois.

Ambivalence, interdépendance, complémentarité sont des notions qui sous-tendent mon travail.

Dans un premier temps, des sculptures modelées en terre ou en plâtre. La soudure, nécessaire pour les structures, m’a amenée à utiliser l’acier comme matériau à part entière que j’ai rapidement associé à des objets en verre.

Voulant créer mes propres formes en verre, j’ai abordé le travail de la pâte de verre depuis une quinzaine d’années.

En même temps, ce matériau a signifié la fin d’une approche figurative : les notions présentes depuis le début d’interdépendance, de dualité, de complémentarité, d’ambivalence se traduisent de façon plus symbolique, voire abstraite, notamment par l’utilisation conjointe du verre et du métal.  

Le verre est captivant pour un sculpteur car il permet de travailler l’intérieur du volume en faisant jouer à la lumière un rôle encore plus fondamental. C’est un médium ambivalent, un liquide/ solide, un présent/absent, un fragile/solide, un intérieur/extérieur.

Je travaille la pâte de verre selon la technique de la cire perdue (casting) ainsi que la pâte de verre fine au sable dont l’aspect peut être troublant.